13 mars 2013

Carretera Austral (2/4)

Dimanche matin. Des nappes de brouillard ont encore du mal à dégager complètement le fjord. Le réveil se fait en douceur, à l'odeur du pain grillé. Don Luis, le propriétaire de ce petit hospedaje (bed & breakfast version sud-américaine), est déjà aux fourneaux. Pain maison, confiture maison, œufs brouillés, un bon café. De quoi bien démarrer la journée ! D'autant que la pluie a enfin cessé. Durant le petit déjeuner, je questionne Don Luis sur la vie ici, à Puyuhuapi, avant et après la construction de la Carretera austral.

Il me raconte comment ce petit village, fondé en 1935 par des Allemands fuyant le nazisme, était complètement isolé, au fond de son fjord, attendant patiemment les bateaux d'approvisionnement tous les quinze jours ou tous les mois. On se débrouillait comme on pouvait et on était autonome. Puis la Carretera permit des approvisionnements plus réguliers. Elle a également permis l'essor du tourisme. Ce n'est pas non plus Disneyland ou La Grande Motte, mais une certaine affluence d'assoiffés de plein air et d'aventure sillonnant la route australe dans un sens ou dans l'autre, en voiture, en vélo, en camping-car, en bus, en stop. Beaucoup d'Israéliens, pas mal de Français et d'Allemands aussi, et des Chiliens du "Nord" venant à la découverte des confins de leur pays.

Et puis au moins deux Belges aussi, à ma grande joie ! Jérôme et Emilia ont décidé de s'arrêter devant mon pouce levé. Tout de suite, ils font de la place dans le monospace et Emilia s'installe à l'arrière aux côtés de leur petit Mateo, un an, une petite bouille toute blonde avec un large sourire. Après plusieurs années en mission en Afrique centrale, ils sont en attente d'un nouveau poste pour Jérôme, dans le domaine de la gestion forestière, ils sont partis tous les trois pour Santiago fin février. Ils vont sillonner la Patagonie pendant trois mois, le long de la Carretera austral côté chilien à l'aller, puis remonter depuis Ushuaïa par la Ruta 40 côté argentin.

En ce dimanche calme et paisible, mes petits pains chauds dans le sac pour midi, j'étais regonflé à bloc après ces deux nuits d'étape à Puyuhuapi. Et d'apprendre que Jérôme et Emilia allaient à la même destination et qu'ils prévoyaient une petite halte pour jeter un œil au glacier Ventisquero Colgante, j'étais comblé ! On a donc passé la journée ensemble, petite rando jusqu'au glacier le matin, route dans l'après-midi sous la pluie revenue. La route est longue pour le conducteur : la pluie et les nids de poule exigent une attention de chaque instant.

Après une très agréable journée d'échanges, on se rendra même compte qu'ils étaient tombés sur mon blog lorsqu'ils préparaient leur propre road-trip en Patagonie. Nous nous quittons à Coyhaique, capitale régionale sans grand intérêt. Je m'arrête dans un petit hospedaje un peu particulier. La propriétaire n'a jamais voulu sacrifier sa maison à la grande distribution ; résultat : le supermarché qui occupe tout le pâté de maison entoure littéralement sa maison sur trois côtés. Elle a un certain côté irréductible gauloise.


Lundi matin. La journée va être belle. C'était annoncé depuis plusieurs jours et les prévisionnistes ne se sont pas trompés. Mais je ne serais pas tout à fait Français si je ne me plaignais pas un peu : le vent ce matin est glacial. Pour éviter de mourir congelé sur le bord de la route, j'avance et lève le pouce dès qu'une voiture passe. Après quatre sauts de puce de 5 à 10 kilomètres, Daniel s'arrête pour me proposer d'aller jusqu'à ma destination du jour. Je n'y croyais plus. Deux jours de suite à plus de 200 km, belle perf' sur la Carretera austral ! Pourvu qu'ça dure... Je dois être vendredi à Villa O'Higgins, au bout de la route australe, et il me reste 350 km dans des coins encore plus reculés.

Quelques dizaines de kilomètres avant Coyhaique, le paysage a commencé à changer. Après des vallées et des fjords couverts de forêts, on arrive dans des endroits plus ouverts, plus secs aussi, moins arboré. Les couleurs sont magnifiques : le bleu et blanc du ciel légèrement nuageux, l'or de l'herbe grillée, le vert des quelques bosquets, le turquoise des lacs et rivières, le noir des sommets, le blanc des glaciers.

Ces quelques heures avec Daniel seront l'occasion de parler du projet de centrales hydroélectriques (une succession de cinq barrages) sur lequel il travaille dans la région de Cochrane un peu plus au Sud. Pour l'heure, le gouvernement a validé la construction de la centrale en tant que telle mais pas encore son raccordement au reste du réseau électrique, via une ligne à haute tension qui devra traverser cette région sauvage et difficilement accessible. L'opposition au projet est féroce. Les ONG environnementalistes dénoncent le déplacement de 19 familles et l'inondation de différents éco-systèmes impactant faune et flore. Et d'autres comme Douglas Tompkins (le fondateur américain des marques de vêtements North Face et Esprit qui acquiert de gigantesques territoires pour aider à la conservation du patrimoine naturel de la Patagonie) s'inquiètent de l'impact environnemental, esthétique et touristique.


En milieu d'après-midi, j'arrive à Puerto Río Tranquilo, sur les rives du Lago General Carrera, superbe lac bleu-vert dans cet écrin de montagnes. Je rate le tour de bateau pour aller voir les calanques mais je reste passer la nuit. Assez de route pour aujourd'hui. Je continuerai demain !

Note. En attendant le traditionnel diaporama (qui sera publié dans le dernier article de la série), vous pouvez cliquer sur les photos pour les agrandir.

8 mars 2013

Carretera Austral (1/4)


Il est sept heures ce jeudi. Le matin a du mal à se départir des nuages accrochés aux monts environnants. Au fond d'une vallée de la Cordillère, le petit village de Futaleufú s'éveille. Des petites maisons en bois aux couleurs un peu délavées s'échappent les fumées timides des poêles à bois. Il ne fait pas si froid ; il fait surtout très humide. Penché sur mon café fumant, je jette un œil régulièrement par la fenêtre. La pluie n'a pas cessé depuis hier en fin d'après-midi. Les nuages ne connaissent pas les frontières. Mon arrivée au Chili n'y a rien changé. Au contraire, avec les entrées d'air maritime du Pacifique, je ne m'attends pas à des changements de temps dans la journée, voire même dans la semaine.

Cela fait deux jours que j'ai quitté Bariloche. En Argentine, j'ai un succès inégal en stop, mais grâce à César, Carlos et Pedro je réussis à gagner chacune des étapes prévues (Esquel en Argentine puis Futaleufú au Chili). Je me remémore les étapes en stop dans le Nord-Ouest des Etats-Unis. Le climat y est sans doute pour quelque chose. Mais le trafic est beaucoup moins dense. Côté chilien, on compte maintenant une voiture par demi-heure. Heureusement, il y a 95% de chances qu'elle s'arrête et me prenne. Résultat : le temps d'attente moyen est tout aussi bon.

Cliquer sur la carte pour l'agrandir
Au programme aujourd'hui : rejoindre la route n°7, la fameuse Carretera austral (la route australe ou la route du sud). À partir de Puerto Montt, le relief devient de plus en plus hostile aux installations humaines. Sur 1.500 kilomètres, la Cordillère des Andes se termine en une succession de montagnes, lacs, fjords, forêts impénétrables, glaciers, jusqu'à la Terre de Feu. Cette région difficile d'accès aura au moins bénéficié du "rôle positif" de la dictature du Général Pinochet : une route de terre s'enfonce jusqu'à Villa O'Higgins. Je ne pourrai pas aller plus loin et serai obligé de repasser en Argentine, à El Chaltén.

Entre Futaleufú et la Carretera austral, je suis conduit par Walter, tout heureux de me présenter la région, de me nommer lacs et ruisseaux, de me décrire les couleurs des eaux, leur transparence aussi. N'allant pas jusqu'au bout, je marche deux heures avant de rejoindre Villa Santa Lucía, sur la Carretera. En route, je croise une jeep-camping-car. De loin, je ne sais quelle intuition me persuade que ce sont des Français. Plus ils s'approchent, plus je crois reconnaître une plaque minéralogique européenne et un drapeau tricolore. Je fais signe de s'arrêter. Et là, c'est gagné, Patrice et Véronique, deux Normands (de l'Eure) souriants et enthousiastes, m'expliquent qu'ils sont sur les routes sud-américaines pour deux ou trois ans. Ayant déjà mis six mois à faire ce que je compte mettre un mois et demi à pied, je comprends qu'ils aient prévu large !

Arrivé à Villa Santa Lucía, sur la Carretera, j'imagine et espère qu'il y aura plus de trafic. Non. Je dois attendre une heure, toujours sous la pluie, avant que ne s'arrête Lucas. Tout comme les chauffeurs décident de s'arrêter ou pas, quand on fait du stop, on a une seconde et demi pour décider si on monte ou pas. Par deux fois aux Etats-Unis, je suis monté en me disant « on y va, ça devrait passer ! ». Lucas a un accent parfois compréhensible et un comportement un peu étrange. La pluie incessante et la perspective d'arriver à bon port pour la nuit me font monter. Il commence par partager son sandwich avec moi, puis sort la bouteille de Vermouth (genre de Martini). Là je commence à comprendre pourquoi j'ai du mal à tout comprendre ; alcoolisé, l'articulation n'est pas son fort. Une fois le contact allumé et les mains vissées sur son volant, Lucas s'imagine en Sébastien Loëb [le nonuple champion du monde français de rallye]. Rincé par deux jours de stop sous la pluie et le vent, je tente de ne pas voir qu'on a bien failli se manger une chèvre, la remorque d'un camion de travaux publics, l'arrière-train d'une vache et un certain nombre de fossés. Au lieu de ça, je réussis même à soustraire mon attention et m'endormir doucement au gré des nids de poule et du chauffage de la fourgonnette.

Arrivé à bon port à La Junta, j'en repars dès le lendemain matin. Patrick et Rose me déposeront ce matin à Puyuhuapi, charmant petit village au bord d'un lac, avec un petit panneau « Danger Tsunami » ... ah bah oui ! en fait, c'est le Pacifique qui arrive jusqu'au fond de cette petite vallée. Village très reculé, horizon bouché par les nuages, on a vraiment l'impression d'arriver au bout du monde, à la fin de la Terre. C'est loin, mais c'est beau ! C'est froid et humide, mais c'est l'aventure !!


6 mars 2013

Nico el Patagónico

Eh oui ! Ça y est, appelez-moi le Patagónico (ou Patagon en Français) parce que, non sans émotion, je suis arrivé en Patagonie. San Carlos de Bariloche (ou Bariloche, tout simplement) est ma première étape, en Patagonie argentine. Emotion et fierté aussi, j'avoue, d'avoir réussi à rallier l'Alaska au Grand Sud sans encombre, entier, dans les temps et (à peu près...) dans le budget. J'atteins enfin cette région ! Et c'est ce qui me meut depuis le départ : découvrir la Patagonie était l'idée originale autour de laquelle j'ai ensuite construit mon itinéraire pan-américain.


La Patagonie, c'est quoi ? c'est où ? Pour moi, c'est une terre sauvage à explorer. Pour les géographes, c'est la région la plus australe du monde, Antarctique mis à part. Pour Nicolas Hulot, c'est Ushuaïa. Pour les politiques, ce sont cinq provinces argentines et cinq régions chiliennes. Pour certains d'entre vous, ce n'est qu'une marque de vêtements. Et pour les amoureux de nature, ce sont des montagnes, des glaciers, des lacs, des sapins, des condors, des pingouins et le soleil de l'été austral qui brille encore suffisamment pour nous réchauffer... mais pour encore combien de temps ?

Je vais passer un mois et demi à descendre les 3.000 kilomètres qui me séparent encore d'Ushuaia, passant d'un côté et de l'autre de la frontière argentino-chilienne. Ma première étape, accompagné d'Aïssata et Jacky (deux très bons amis venus de France), m'a fait poser le sac-à-dos à Bariloche, sur les rives du Lac Nahuel Huapi. Et là, c'est le coup de foudre quasi instantané. Assurément je le classe parmi les plus beaux lacs du monde. Je vous laisserai le découvrir dans les photos.

Sur place, au programme, pas mal de rando, en montagne, sur les bords du lac, sur une journée, sur plusieurs jours, et généralement sous le soleil. Mais également ma première expérience de rafting (vous verrez dans la galerie de portraits, à la page Photos). De très bons restaurants avec de la viande de bœuf à tomber par terre. Et du bon vin argentin, sans surprise, jamais mauvais. Tout ça augure bien de la suite du séjour en Patagonie !



4 mars 2013

Buenos Aires

Pour tout vous dire, je bloque sur la rédaction de cet article depuis deux semaines. Je n'ai pas toutes les photos que j'aurais voulu prendre pour diverses raisons. Et je n'ai pas envie de vous abreuver d'explications en tout genre sur la ville.

Alors faisons simple, en quelques photos. Vous verrez principalement le très populaire quartier de La Boca, populaire, ancien quartier d'immigration italienne, très coloré : une fois les bateaux finis d'être peints, ils ramenaient les pots de peinture et se lâchaient sur leurs maisons. Pour les footeux, le Buenos-Airien Diego Maradona a fait un passage éclair dans le club de Boca Juniors. Enfin, c'est de là que nous avons fait route directement vers Bariloche, la porte d'entrée de la Patagonie !

Buenos Aires restera pour moi une ville à l'architecture très européenne comme je n'en avais pas encore vue depuis le début de mon voyage. Elle restera aussi la ville où j'ai accueilli Aïssata et Jacky venus de France passer quinze jours avec moi, et la ville où j'ai dit au-revoir à deux de mes plus grands amis voyageurs : Kati remontant vers le Nord et le Brésil d'où elle s'envolera pour Galway, en Irlande (via New York) et Henning qui finit son séjour sud-américain avant de rentrer à Cologne, en Allemagne. Ça aura été un vrai plaisir de les rencontrer (l'une dans les montagnes costariciennes, l'autre dans un bus pour Cuenca, Equateur) et de voyager autant avec eux.


23 février 2013

Uruguay

Rappel des épisodes précédents. Après avoir traversé le quart nord-ouest de l'Argentine en stop avec Fred, j'ai retrouvé Henning, mon pote allemand, pour une semaine au Paraguay. On a ensuite passé quelques jours dans le Sud du Brésil pour visiter les Chutes d'Iguazú. Puis nous avons pris la direction de l'Uruguay.

L'Uruguay, un nain géographique coincé entre le Brésil et l'Argentine (à eux deux près des deux tiers de l'Amérique du Sud). Il a un niveau de richesse par habitant qui le place entre le Chili et le Brésil, ce qui n'est pas rien (surtout quand on essaye de voyager pas cher!) et un bel indice de développement humain (deuxième du continent entre Argentine et Chili).

L'Uruguay, c'est la côte Atlantique (que je retrouve pour la première fois depuis Carthagène en septembre dernier), où se retrouve à la fois les vacanciers fêtards du sud du Brésil ou de l'Argentine et des pseudo-hippies à qui ça ne pose pas tant de problème que ça de devoir affronter un mode de vie si élevé. Après une nuit sous tente, juste derrière le poste frontière uruguayen, Henning et moi avons débarqué à Valizas, depuis le Sud du Brésil. On s'est pris une petite claque touristique : c'était la semaine de carnaval, donc vacances pour tout le monde, des gens de partout. On n'est resté qu'une petite journée histoire de dire qu'on a fait trempette dans l'Atlantique.

Et puis on parti pour Montevideo, la capitale du pays, sur les rives du Río de la Plata, l'immense estuaire qui baigne aussi Buenos Aires, 200 km à l'ouest. Ambiance détendue et culinaire, deux jours chez Alejandro en CouchSurfing et du temps pour flâner dans la ville vidée de ses habitants pour cause de carnaval (jours fériés le lundi et mardi gras). Montevideo, un nom étrange : les colons espagnols auraient baptisé le lieu "Monte VI De Este a Oeste" (soit « Le sixième mont d'est en ouest ») au cours de relevés topographiques. Peu importe si c'est vrai, en tout cas Montevideo a la particularité d'être la capitale la plus au sud du continent américain. Dans le monde, seules Wellington en Nouvelle-Zélande et Canberra en Australie font mieux.

Henning et moi finiront notre trop courte semaine uruguayenne dans la charmante petite ville de Colonia. Petit tour dans la plus vieille ville du pays (1680) : un bout de muraille, un mini-phare, des petites ruelles pavées, des maisons charmantes et de belles fleurs. Buenos Aires étant juste en face (enfin, 50 bornes quand même!), on a pris le bateau et débarqué dans l'immense métropole, quatre fois plus peuplée que l'Uruguay tout entier. Le contraste est saisissant. J'y ai retrouvé Aïssata et Jacky, tout juste débarqués de France et qui se joignent à moi pour deux semaines de découverte de l'Argentine.



16 février 2013

Les Chutes d'Iguazú

Bon, je vais vous laisser regarder les photos des chutes d'Iguazú. Mais juste avant, sans vouloir vous inonder (oulala ! le jeu de mots !!) voici quand même quelques infos…

On parle de chutes, ou plus techniquement de cataractes. En espagnol comme en portugais, on les appelle d'ailleurs « cataratas ». Et le nom d'Iguazú, viendrait du Guarani (langue amérindienne locale) « grandes eaux ». Original !

Loin de moi l'idée de paraphraser un ancien Président de la République devant la crue de la Garonne en 1875, mais je me suis aussi dit « Que d'eau ! Que d'eau ! » quand je suis arrivé devant les chutes. Vous me direz, après tout, ce ne sont que des chutes d'eau. Certes, mais elles sont belles, pour certaines puissantes, pour d'autres légères, mais ça fait un paquet d'eau tout ça. Je sais pas qui a compté les gouttes, mais il paraît qu'il y a 6 millions de litres d'eau qui font le grand saut chaque seconde.

Du coup, ça donne un bel ensemble de 275 cascades (de 90 mètres pour les plus hautes), joliment réparties sur un front de près de trois kilomètres (2.700 m pour être précis). Et le petit homme que je suis, accompagné de centaines de ses congénères, peut circuler de manière assez fluide (osons le terme) le long ou au-dessus de ces impressionnants rideaux d'eau, côté argentin un jour, côté brésilien le lendemain.

C'est à ce moment-là qu'on insère un petit point géographie. Les chutes sont situées sur le Río Iguazú, qui matérialise la frontière entre le Brésil et l'Argentine. Le méandre, et donc les chutes, ont une forme de J inversé dont l'orientation à cet endroit du fleuve attribue techniquement 80% des chutes à l'Argentine. Des deux côtés, les parcs nationaux créés pour protéger ce site naturel exceptionnel sont classés au Patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1984 (Argentine) et 1987 (Brésil). Et on n'est pas très loin non plus de la Triple frontière entre Argentine, Paraguay et Brésil.

Enfin, à titre de comparaison, les chutes de Niagara à la frontière entre les Etats-Unis et le Canada s'étalent sur un peu plus d'un kilomètre (320m côté US et 790 côté canadien) pour une cinquantaine de mètres de haut sont donc moins importantes. En revanche, les chutes Victoria (entre Zambie et Szimbabwe) sont plus hautes qu'à Iguazú : environ 110 mètres, mais sur 1700 mètres uniquement.

D'Iguazú, Henning et moi avions prévu de rallier la côte uruguayenne, via le Sud du Brésil. On a passé deux jours à Porto Alegre chez Betsy et Enderson. Deux couchsurfeurs (elle américaine, lui brésilien) super sympas, dans cette ville tranquille, avec plein de parcs. Puis tranquillement passé la frontière sur la côte. Grosses distances, toujours autant d'insuccès en stop. Pour ça, vivement le retour en Argentine ! Cela dit, on est content de retrouver l'océan Atlantique.



11 février 2013

Inattendu Paraguay

Aux lecteurs de la première heure, je dois une petite explication. En effet, le Paraguay ne figurait pas dans ma liste des pays à découvrir. Pire, j'étais même suffisamment condescendant pour le considérer comme un pays "inutile", où il n'y avait pas grand chose à faire ni à voir.

Tout ce que je connaissais du Paraguay, c'était le nom de sa capitale (Asunción pour les intimes, Nuestra Señora Santa María de la Asunción pour les puristes !) et le fait qu'en juin dernier la droite avait habilement masqué en destitution ce qui n'était en fait qu'un coup d'Etat pour se débarrasser de l'ancien évêque que le pays avait porté à la présidence il y a quatre ans. Forcément, avec ce niveau de connaissance, il ne me restait que mes préjugés sur lesquels baser mon opinion.

Je me suis alors rappelé les avis de trois cyclistes normands (La Très Grande Boucle) avec qui j'avais correspondu quand j'étais à Portland (Oregon, USA) en mars dernier. Mon ex-collègue et néanmoins pote Antoine m'avait également vanté tout l'intérêt d'aller voir un peu ce qui se passe de l'autre côté du Río Paraguay. Pour finir, Nina et Steve avec qui j'ai partagé un 4x4 fin décembre pour découvrir le Lípez et le Salar d'Uyuni (Bolivie) avaient fini par me convaincre que je passais à côté de quelque chose si je n'ajoutais pas ce pays à ma liste déjà bien fournie.

Enfin les circonstances ont fait que deux très bons amis ont prévu de me rendre visite en Argentine à partir de mi-février. Du coup, entre le départ de mes parents à Santiago et leur arrivée à Buenos Aires, il me restait trois grosses semaines à "meubler". Se sont donc petit à petit profilés un séjour en Uruguay, puis un détour par les chutes d'Iguazú et pour finir une semaine au Paraguay. Pour des raisons évidentes de géographie, j'ai bien sûr inversé l'ordre.

J'ai donc passé une semaine au Paraguay, où je quittais Fred avec qui j'avais traversé en stop le quart nord-ouest de l'Argentine et où je retrouvais Henning, mon compagnon de voyage de novembre et décembre (Pérou-Bolivie). Et au final, tout comme le Panama, j'ai été conquis par le Paraguay et me suis promis de ne plus faire le petit merdeux qui croit savoir et se permet de juger sans connaître.

Et puisqu'il n'y avait soi-disant pas tant de chose à faire, qu'ai-je finalement pu inscrire à mon programme ? Plein de choses ! J'ai commencé par visiter Asunción. C'est un doux mélange d'architecture coloniale décrépie et de bâtiments tout droit sortis des années 1960-70 à l'esthétique toute discutable. C'est une douce atmosphère de tranquillité malgré la taille de la métropole. Ce furent deux nuits dans une pension familiale recommandée par Antoine et dont la gentille gérante était aussi bavarde qu'intéressante. Et enfin, ce furent les empanadas jamón y queso (chaussons fourrés au jambon et fromage), plaisir gourmand dont on a su abuser sans honte et sans modération.

A Asunción, j'ai également rencontré Rosa, une personnalité intéressante recommandée par ma copine Emilie. Rosa a ouvert l'espace culturel féministe La Serafina il y a huit ans. C'est avant tout un lieu et une association destinés à venir en aide aux lesbiennes (et dans une moindre mesure aux gays et aux transsexuel-le-s). Mais c'est aussi une structure qui milite pour la défense des droits des lesbiennes, dont l'action a été récompensée en décembre 2011 par l'attribution du prix des droits de l'Homme de la République française (remis par Alain Juppé à l'époque). Echange intéressant sur la situation et les droits des personnes homosexuelles au Paraguay, tout particulièrement quand on les met en perspective avec le débat qui agite la France à propos du « mariage pour tous ».

Avec Henning, on avait conclu d'aller faire un tour dans les communautés mennonites du Chaco paraguayen, l'immense région du Nord-Ouest. Mennonites ? Oui, c'est un groupe religieux originaire du Nord de l'Allemagne et des Pays-Bas, suivant les préceptes d'un certain Menno Simons (1496-1561). Les Mennonites du Chaco se sont installés là en 1930, après avoir été chassés de la Russie communiste (où la liberté religieuse avait disparue). Dans cette région particulièrement aride et inhospitalière, ils vivent principalement de l'élevage bovin (pour le lait et la viande) et un peu de culture (cacahuètes et sésame). La communauté se divise en trois colonies d'une quinzaine de villages chacune. Au début, environ 25 familles composaient un village. Aujourd'hui, ils sont 18.000 à vivre dans le Chaco paraguayen. Ils parlent un allemand dialectal (le Plattdeutsch) et ont leur propre système éducatif, en allemand et espagnol, agrémenté par l'Etat paraguayen. La raison de leur implantation ? Les Mennonites recherchent généralement des lieux où ils peuvent à la fois être garantis de liberté religieuse et en même temps bénéficier d'une certaine autonomie vis-à-vis de l'Etat accueillant. Vu l'isolement du Chaco, on peut facilement comprendre que la région remplissait leur critère. Ainsi des années durant, les Mennonites étaient exemptés de service militaire (aboli désormais au Paraguay), ne payaient pas d'impôts et n'obéissaient à aucune autorité administrative paraguayenne. Comment fait-on pour survivre dans un tel environnement s'il est si peu hospitalier ? On se dote d'abord d'une devise : « Gemeinnutz vor Eigennutz » (« L'intérêt général avant l'intérêt personnel »). Et ensuite plus concrètement, on crée des coopératives, on s'entraide, on est discipliné et on a tous le même idéal. Et visiblement, ça marche ! Là encore, bien content d'avoir un peu plongé dans cet univers que je ne connaissais que de nom et que j'entourais encore d'images d'Epinal, du type les gens vivent et s'habillent comme au XVIIIe siècle, etc. Non, non, on ne parle pas des Amishs et les Mennonites sont juste des hommes et femmes blancs qui parlent Allemand au cœur de l'Amérique du Sud !

On a réussi à revenir en stop jusqu'à Asunción, ce qui nous a laissé croire naïvement qu'on pourrait facilement continuer en stop pour découvrir le sud du Paraguay. Que nenni ! C'est un mode de déplacement qui n'est pas si répandu que ça. Les automobilistes nous adressaient en retour des signes bizarres, genre « oui oui tout va bien, merci ! » en levant à leur tour le pouce, quand ils ne levaient pas un autre doigt ! On a donc fini par monter dans un bus après avoir (beaucoup (trop !) ) attendu au bord de la route.

On a visité une ancienne mission jésuite à Trinidad. Plutôt que de me répéter, je vais paresseusement vous suggérer de relire l'article passionnant que j'avais rédigé sur leurs homologues boliviennes. Quelques différences cependant. Par exemple, là, les églises n'étaient pas en bois mais de pierre.

Enfin, on a fini par la visite du barrage d'Itaipú (les chutes d'Iguazú ne sont pas loin mais c'est pas pareil). Pendant 30 ans, ce fut le plus gros barrage du monde avant l'entrée en service du barrage des Trois-Gorges en Chine en 2009. Le barrage est construit sur le Río Paraná qui sépare le Paraguay du Brésil. Un traité signé entre les deux pays en 1973 répartit les 20 turbines pour moitié au Paraguay et pour moitié au Brésil. Mais comme deux turbines suffisent à satisfaire 80% de la demande d'électricité du Paraguay, celui-ci loue ses huit autres au Brésil qui peut ainsi satisfaire un quart de ses besoins en électricité avec 18 turbines. Et ce ne sont pas de petites turbines ! La puissance du barrage est équivalent à dix fois le débit des chutes d'Iguazú (dont vous verrez les photos très bientôt).

Ce que j'ai aimé dans ce pays au final ? D'abord le fait qu'il y ait très peu de touristes ou de voyageurs. Ensuite que les gens sont super sympas et très accueillants (sauf pour faire du stop). Puis le pays est beau : aride et plat dans l'immense région nord, plus vallonné et vert (avec une terre très rouge) dans le sud. Qu'on se le dise, les villes sont assez moches. Et enfin, dernier préjugé, le Paraguay n'est pas un pays pauvre, pas super riche non plus mais plutôt bien développé, le niveau de vie est assez élevé et les gens semblent heureux d'y vivre. J'ai enfin fini par le comprendre !



5 février 2013

Auto-stop en Argentine : à la croisée des chemins

J'emprunte ce titre à Claire et Guillaume, deux globe-trotteurs qui ont inspiré mon périple, parce que c'est vraiment ce que j'ai vécu.

J'ai quitté mes parents à Santiago du Chili et me suis ensuite rendu à Mendoza, de l'autre côté des Andes, côté argentin. J'y ai passé deux jours chez Isaías avant de reprendre la route, accompagné de Fred, rencontré dans le sud du Chili. Objectif : quatre jours pour rallier Asunción (Paraguay) en stop, soit 1.900 kilomètres.

J'en entends qui me disent : « Quatre jours seulement pour tout le quart Nord-Ouest de l'Argentine, quel dommage ! » Mais à ce rythme et avec ce moyen de transport, j'ai croisé davantage de chemins que je n'aurais pu l'espérer en y passant trois semaines. Brefs mais intenses, ces échanges culturels m'ont permis d'apprendre beaucoup et en accéléré sur l'Argentine, son histoire, son environnement, sa sociologie, sa politique, ses paysages, …

En vrac, quelques anecdotes. D'abord, Franco est le premier à nous prendre en stop. Le second qui s'arrête se révèle être son cousin, qu'il avait réussi à prévenir. Belle surprise pour nous. Ensuite, Beto qu'on a croisé et recroisé à différents endroits sans qu'il ne s'arrête (mais il nous saluait à chaque passage). Au bout de quatre fois il finit par s'arrêter, hilare, et nous dit de monter. Pour la première fois sur ce continent, je ne suis pas le seul autostoppeur sur la route. Cette concurrence n'est pas évidente à gérer ; il faut repérer les bons spots pour se placer et être sûr d'être pris. A la différence de l'Amérique du Nord aussi, les camionneurs s'arrêtent et nous prennent. Au final, objectif atteint, belle moyenne (deux jours à plus de 700 km).

Petit quizz pour les joueurs : je vous laisse assigner à chacun son métier/occupation (Fred inclus).
  • livreur de pains
  • ingénieur électricien
  • transporteur
  • publicitaire
  • transporteur de patates frites
  • producteur d'huile de pépins de raisin
  • ingénieur informaticien
  • patron d'une entreprise de transport routier
  • doctorant en linguistique
  • éleveur de boeufs
  • radiologue
  • ingénieur de travaux publics
  • promeneurs du dimanche
  • représentant de commerce
  • ingénieur en énergie éolienne
  • vigneron
  • voyageurs
Réponse dans les commentaires (cliquer sur "Commentaires" sous les photos ci-dessous).


29 janvier 2013

Le Chili, de Santiago à Chiloé

Le Chili. Un pays tout en longueur. 4.300 km de l'aride désert de l'Atacama juste sous le Tropique du Capricorne jusqu'à la Patagonie, porte d'entrée vers l'Antarctique. Et maximum 200 km de large entre le Pacifique et la Cordillère des Andes qui fait office de frontière avec l'Argentine.

J'ai traversé rapidement la partie Nord, après avoir réveillonné avec Kati et Falko à San Pedro de Atacama. Et j'ai "atterri" à Santiago pour accueillir mes parents venus partager 15 jours sur les routes avec moi. Nous ne sommes pas allés jusqu'en Patagonie (j'y retournerai seul, pour finir ma route à Ushuaïa), mais on a vu du pays !

Comme je l'avais fait avec ma copine Karine lors de sa visite en juillet, je laisse maintenant cette page de blog à deux « gourmands » venus goûter ces moments avec moi. Les chiens ne font pas des chats ; vous comprenez maintenant mon goût pour la chose culinaire !

Niveau photo, le choix s'est fait également avec eux. Et pour les petits curieux, rendez-vous dans la galerie de Photos si vous voulez voir à quoi ressemblent mes parents !
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S’il y a longtemps que vous n’avez plus voyagé, que l’hiver vous a semblé long, que vos enfants se sont envolés du nid, faites-vous plaisir et partez loin. Je vais vous confier la recette pour des vacances réussies.

Prenez votre fils aventurier, décidez-vous à le rejoindre au Chili et optez pour le suivre. Compte-tenu de la taille du pays, ne soyez pas trop gourmand : en 15 jours vous ne pourrez parcourir plus de 1.400 km, de Valparaiso à Quellón.

Commencez par une pincée de Santiago, mégalopole s’étalant sur 2.000 km², où vivent 6 millions de Chiliens (le 1/3 de la population totale). Le meilleur point de vue pour découvrir la ville, se trouve sur un des pitons qui domine la ville : le Cerro San Cristóbal.

Ajoutez-y Valparaiso, classée au Patrimoine Mondial de l’UNESCO en 2003, grand port sur le Pacifique, plein de charme, dont les collines envahies par la ville, couvertes de petites maisons colorées, forment un amphithéâtre autour de la Baie. Trois funiculaires permettent de relier le haut de la ville.

Quelques 800 km plus loin, pour avoir un beau mille-feuille dans la région des Lacs : forêts et cônes volcaniques encore enneigés, malgré la saison d’été, se mirent dans les nombreux lacs avec quelques bourgades pleines de charme, sur leurs rives.

Laissez reposer ensuite la pâte sur l’île de Chiloé : située à 6 km de la côte chilienne, longue de 180 km sur 50 de large, la Grande Île est pleine de charme qui nous rappellerait notre "verte Normandie", tournée vers la mer avec la pêche, construction de bateaux… et ses 40 petites îles l’entourant.

Les maisons de bois peintes comme les églises apportent des touches de lumière ou de couleur où la mer et les montagnes enneigées ne sont jamais très loin. De nombreuses églises témoignent du passage des jésuites puis des franciscains sur l’île, dont un bon nombre est inscrit au Patrimoine Mondial de l’UNESCO.

Quellón est le village du "bout du monde", au Sud de l’île où la fameuse route panaméricaine (ou Route N° 5) se termine là, à 21.000 km d’Anchorage (Alaska) en ligne droite.

Côté artisanat, on trouve beaucoup d’objets en bois, ou tissage, lainage… réalisés par les femmes. Les jeunes mamies "gagas" de leurs petites-filles, adoreront leurs poupées tricotées…

Pour la cuisson, inutile d’allumer le four, il fait entre 30 et 35°C à l’ombre (en janvier, c’est leur saison d’été) et n’oubliez pas que vous avez passé l’Equateur, cherchez donc l’ombre au Sud !

Pour accompagner le tout … il faut signaler les cépages français, le Pisco Sour excellent à l’apéro ou le jus de fruit naturel (fraise, framboise, ananas…) à toute heure de la journée. Au chapitre de la gourmandise, goutez l’empanada (chausson frit fourré de légumes ou de fruits de mer, ou variation à l’infini). Et le curanto à Chiloé, ragoût de fruits de mer, viande, pommes de terre…

La crème… ce sont les multiples rencontres. Le Couch-Surfing (« d'un canapé à l'autre ») est le meilleur moyen d’entrer en contact avec des personnes localement. Vous êtes reçus « comme des amis » chez l’habitant, sur le canapé ou mieux, grâce à un site où les membres peuvent se contacter, pour être reçus ou pour recevoir, sur le principe de la réciprocité.

Merveilleux accueil à Santiago chez Mauricio et Verónica qui nous ont donc hébergés 3 nuits, fait partager leur vie familiale, leur culture, leurs habitudes et répondu à toutes nos questions, à travers des échanges passionnants. Puis chez Nathalie pour une soirée culinaire à Puerto Montt.

A titre de participation et d'échange, Nicolas propose de cuisiner français et termine toujours par le fameux moelleux au chocolat de Marie-Estelle, qui est en passe de devenir le gâteau élu tout le long de la Panaméricaine.

Une rencontre sympathiquement fortuite avec Christiane, Luc et Dominique, trois Havrais encore ancrés dans le port de Puerto Montt avant de repartir prendre la mer sur leur Alioth. Sans oublier Kati croisant Nicolas pour la 8° fois, Reiner et Mirjam rencontrés 2 fois, et Marie-Christine, Adrien et Caroline et leur petite famille qui nous ont délicieusement reçus à Santiago.

Voilà… je ne sais si cette recette vous tentera ! Parole de gourmande : nous en avons raffolé. Un vrai régal pour les yeux, les oreilles… et les papilles !



23 janvier 2013

Une année américaine

23 janvier 2012 - 23 janvier 2013. Entre Paris et Mendoza en Argentine, une année s'est écoulée. Un an en quelques chiffres :
  • 366 jours
  • 47.745 kilomètres parcourus (soit une moyenne de 130 km par jour)
  • 11 moyens de transport différents (je vous laisse les énumérer)
  • 1.320 heures passées dans les transports (soit l'équivalent de 54 jours non-stop) sans compter les temps d'attente
  • 16 pays visités ou traversés (USA, Canada, Mexique, Belize, Guatemala, Salvador, Honduras, Nicaragua, Costa Rica, Panama, Colombie, Equateur, Pérou, Bolivie, Chili et Argentine). Pour rappel l'Alaska fait partie des Etats-Unis et les Galapagos de l'Equateur. Restent encore à venir : le Paraguay, le sud du Brésil et l'Uruguay.
  • 3 langues parlées : français, anglais et espagnol.
  • 186 endroits où j'ai posé mon sac à dos pour un soir ou plus (dont 34 nuits sous tente)
  • 19.525 photos, 7.132 déjà supprimées et 2.745 publiées
  • 102 articles sur le blog en français, 94 en langue anglaise et 38 en espagnol
  • plus de 30.000 visites sur les trois versions linguistiques du blog
  • 12 taux de change avec lesquels jongler (l'euro pour mon budget, puis le dollar, le peso, le quetzal, le colón, le cordoba, le boliviano, etc.)
  • 12 kg dans le sac à dos, 5 kg dans le petit sac de jour, et pas un kilo perdu !
  • 4 paires de lunettes de soleil, 3 paires de tongues, 2 paires de chaussures de rando, 2 paires de converses, 600 grammes de savon, 2 tubes de crème solaire
Un an, c'est aussi une petite série de records :
  • nombre de pays visités avec la même personne : 8 avec Kati (de Galway en Irlande)
  • nombre de semaines de voyage avec la même personne : 5 avec Henning (de Cologne en Allemagne)
  • altitude la plus élevée (hors vols) : 6.000 mètres au Huayna Potosí (Bolivie)
  • altitude la plus basse : -3 mètres en plongée masque-tuba dans les îles Galapagos
  • température la plus basse : -48°C en Alaska (USA)
  • température la plus élevée : +45°C à Tucson en Arizona (USA)
  • climat le plus sec : 4% d'humidité à Lethbridge (Canada) ; il semblerait que même dans le désert de l'Atacama au Nord du Chili, il fasse moins sec
  • climat le plus humide : 100% d'humidité sous une pluie diluvienne à Mexico
  • distance la plus longue couverte en une seule fois : 1.310 km entre San Pedro de Atacama et La Serena dans le Nord du Chili
  • trajet sans escale le plus long : 21 heures et 30 minutes pour couvrir les près de 1.100 kilomètres entre Lima et Cuzco au Pérou
  • maximum entassés dans une voiture : 10, pour 4 places et demie
  • maximum entassés dans un bus : 73, pour 46 places assises
Et le top 10 des meilleurs endroits dans l'ordre géographique du Nord au Sud :
  • Fairbanks (Alaska, USA)
  • Jasper National Park (Alberta, Canada)
  • côte Pacifique (Oregon et Californie du Nord, USA)
  • Grand Canyon (Arizona, USA)
  • Cordillère centrale (Colombie)
  • îles Galapagos (Equateur)
  • île du Soleil (Lac Titicaca, Bolivie)
  • Huayna Potosi (Bolivie)
  • Sud-Lípez (Bolivie)
  • île de Chiloé (Chili)

17 janvier 2013

Sud-Lípez et Salar d'Uyuni

Je réalise que je suis vraiment à la traine dans les publications. Ce qui me rassure, c'est de parcourir les blogs de mes copains voyageurs et de voir que je ne suis pas le seul ! On va mettre ça sur le compte des fêtes de fin d'année et des visites que m'ont rendues Falko pour les fêtes et mes parents actuellement. Ils sont sans doute les seuls d'ailleurs à ne pas se plaindre du retard puisqu'ils vivent le direct !

Voici donc aujourd'hui les photos du Sud-Ouest bolivien. Une très belle région qu'on appelle Lípez, très désertique, des paysages qui changent toutes les dix minutes quand on les parcourt en voiture. Magnifique ! J'ai eu la chance (encore un grand merci à ma grand-mère amatrice de voyages pour son cadeau de Noël !) de passer quatre jours dans ces endroits presque lunaires parfois, en compagnie de Falko un ami allemand, Kati mon intermittente compagne de voyage, et Nina et Steve un couple australo-norvégien.

Je n'ai pas explosé le record de 3.000 photos de mes précurseurs Guillaume et Claire (d'A la croisée des chemins) mais j'ai quand même shooté 1.500 fois. Une petite sélection pour vous. Vous reconnaitrez sans peine les flamants roses et les lamas, mais ceux qui sont plus fins et moins laineux sont des vigognes. Et le petit animal qui ressemble à un croisement entre le lapin et l'écureuil s'appelle viscache.